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Date : 3 avril 2020

Parallèle historique des religions de 3ème Aube

La religion de la Croix du Roi en Vivaldie, et ses liens avec la fin du paganisme gréco-romain

La religion de la Croix du Roi est la religion ancienne par excellence de la Vivaldie. Maintenant presque disparue, elle laisse, au sein de la société vivaldienne, une empreinte profonde. Cette religion s’articule autour de plusieurs valeurs qui structurent les relations humaines : justice, foi, savoir, roi, destinée.


Aujourd’hui, le crucisme est pratiquement éteint dans les milieux populaires. Pour autant, il subsiste encore un « ordre de la croix blanche » groupe extrémiste qui dispose de nombreux points d’entrée dans les cercles de pouvoir. Ces extrémistes se distinguent de la religion initiale par leur intolérance massive envers les autres religions non issues de la Croix du Roi.


La religion de la Croix du Roi trouve ses racines dans le paganisme gréco-romain, et en particulier dans la période ou il cède, peu à peu, sa place au christianisme, tout en conservant une place importante dans la société chrétienne médiévale. En effet, la tolérance du christianisme à partir de Constantin (312-337), puis son intronisation comme religion officielle de l’empire sous Théodose (379-385), indique un recul du paganisme que l’empereur Julien dit « l’apostat » (361-363) n’a pu enrayer.

Représentation de la Croix du Roi
Représentation de la Croix du Roi

Ainsi, Julien, dans sa volonté de sauvegarder les restes de la domination de la mythologie gréco-romaine, calque l’organisation du culte païen sur le modèle de l’Eglise. Si la restauration du paganisme se heurte à des élites déjà converties au christianisme, nous avons ici une première vision que les deux religions, tout en s’opposant, peuvent aussi emprunter l’une à l’autre.


Plus encore, le christianisme s’inspire largement des fondements de la philosophie stoïcienne, comme le « manuel d’Epictète », très apprécié dans le monde monastique. De même, la fameuse maxime « sustine et abstine » (supporte et abstiens-toi) a connu un immense succès dans les milieux chrétiens. On peut également parler des « religions à mystères » qui prévalaient encore dans le paganisme gréco-romain. Ici, c’est le principe d’initiation, d’appartenance à une communauté qui commence à prendre de l’ampleur, qui est privilégié.


Le personnage d’Hercule et sa mythologie sont très utiles dans la compréhension du texte de « première épitre de Saint Pierre », 3, 19, où le Christ descend dans les enfers à l’image d’Hercule, autrefois, qui libérait Thésée et défiait Cerbère.

De même, si l’adoration du Christ comme « soleil de justice », c’est-à-dire de sainteté, est à chercher dans l’ancien testament, son ancrage dans la société est, là encore, à chercher dans le paganisme. Le rapport au soleil dans le paganisme tardif est bien plus fort qu’au temps du bas empire romain ou de la République.


L’empereur Aurélien, qui règne de 270-275, instaure un nouveau culte pour célébrer sa victoire sur l’empire des Gaules de Tetricus, sur la Palmyre sécessioniste de la fameuse reine Zénobie, et sur les barbares. Le culte de « sol invictus » servira de tremplin dans le passage du paganisme au christianisme. Ainsi, le 25 Décembre était d’abord une fête dédiée au culte de « sol invictus », et était appelé alors le jour de la « naissance du soleil », déjà l’héritier des anciennes « saturnales ». Ce n’est que par l’édit de Thessalonique de 380 que Théodose met en place une fête exclusivement chrétienne, fêtant la naissance du Christ à la place du soleil.


Dans la Vivaldie, la Croix du Roi s’apparente donc aux derniers feux du paganisme gréco-romain face à une nouvelle religion qui sera devenue populaire en se basant sur ses préceptes.

Pour aller plus loin :

  • Testard Maurice, Observations sur le passage du paganisme au christianisme dans le monde antique in Bulletin de l’association Guillaume Budé, 1988, 2 P.140-161.
  • Turcan Paul, Les démons et la crise du paganisme gréco-romain in revue de philosophie ancienne, Vol. 21, No. 2 (2003), pp. 33-54
  • Veyne Paul, Quand notre monde est devenu chrétien (312-394) Paris, Albin Michel, 2007
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