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Date : 3 août 2020

Fantasy – Origines et Horizons

Le fantastique et le merveilleux ont depuis la nuit des temps fasciné un auditoire toujours présent et fidèle au rendez-vous.

Que ce soient les contes transmis de bouche à oreille autour du feu durant de longs millénaires, les aventures d’Ulysse contées par Homère, celles de Gilgamesh, les Eddas Poétiques Scandinaves, les Contes des Mille et Une Nuits, ou des œuvres emblématiques telles que le Horla de Guy de Maupassant, Dracula de Bram Stoker ou encore le Portrait de Dorian Gray d’Oscar Wilde, le mystérieux, l’exotique et l’incompréhensible ont tout le temps été ancrés dans la culture humaine.

Cette fascination a ainsi donné naissance à un sous-genre qui, force est de le constater, aura développé le poil de sa bête au fil du temps et doit aujourd’hui être considéré comme un courant à part entière : la fantasy.

Les historiens en littérature datent généralement la naissance de la fantasy telle qu’on la conçoit aujourd’hui aux environs des années 1930 avec Robert E. Howard (Conan), JRR Tolkien (Le Seigneur des Anneaux), HP Lovecraft (L’Appel de Cthulhu), CS Lewis (Les Chroniques de Narnia).


3 livres du Seigneur des Anneaux - version anglaise
Une reproduction de l’une des toutes premières éditions du Seigneur des Anneaux.

Il existe plusieurs définitions de la fantasy :

Le Dictionnaire Larousse nous dit du terme qu’il recoupe « une multitude de sous-genres dont le plus populaire est l’heroic fantasy (parfois traduite par fantasy épique).
Aujourd’hui, le terme plus général de fantasy s’impose et désigne l’ensemble de la production.
La fantasy […] s’apparente davantage au merveilleux et au conte de fées. Elle puise en effet son inspiration dans les légendes arthuriennes, les mythes celtiques, les chansons de geste et les sagas nordiques. Reprenant les archétypes de ces récits épiques, elle met en scène des héros aux prises avec des créatures fantastiques (dragons, trolls monstrueux, chevaux ailés, etc.), qui côtoient des personnages issus de la féérie (elfes, gnomes, gobelins [personnages issus du folklore germanique], etc.) lors d’une quête initiatique parsemée d’épreuves, où la magie et les sortilèges sont omniprésents. »

Une autre définition du genre, donnée par le Dictionnaire de la Langue Française en ligne nous dit de la fantasy qu’elle est un « Style d’écriture où les personnages sont les héros d’une épopée dans un monde historico-fantastique où se mêlent les mythes et les légendes. »

Le mot « épopée » que l’on retrouve très souvent associé à la fantasy dans l’inconscient collectif désigne un « Long poème racontant une aventure héroïque » ou « Suite d’évènements de nature héroïque ou inattendue. »

Si l’on suit cette définition, la fantasy relate les aventures de personnages dans un monde fictif mais inspiré d’une réalité et d’un contexte historique dans lequel interviennent des éléments mythologiques, surnaturels et héroïques.

Cependant, votre humble serviteur va se permettre de donner ici une autre définition du genre, plus large, plus globale et plus personnelle :

Le genre fantasy consiste en la création d’un monde fictif régi par ses propres lois, ses propres cultures, son propre passé, sa propre géographie, ses propres figures, ses propres mœurs, ses propres coutumes et traditions et s’inspirant à plus ou moins grande échelle du monde tel que nous le connaissons.

Certes, la plupart des grands récits de fantasy de notre époque s’inspirent plus ou moins directement des mythologies antiques mais il serait réducteur de simplifier ainsi le genre tant la latitude de pure création autorisée par la fantasy est vaste.


Ceci dit, il n’est pas étonnant de retrouver encore autant l’influence des mythes Nordiques ou Grecs dans la production de fantasy occidentale contemporaine, car il s’agit après tout des principales influences ayant inspiré les pionniers du genre au début du XXème siècle et leur ombre plane encore sur les auteurs de nos jours.

Tablette d'argile relatant l'épopée de Gilgamesh
L’une des tablettes originales relatant l’épopée de Gilgamesh, l’une des plus anciennes histoires de l’humanité.

Et, car les stigmates et les clichés ont la vie dure, il est malheureusement vrai que dans l’inconscient collectif, la fantasy a longtemps été associée à un sous-genre uniquement destiné à un jeune public.

Deux versions d'interprétation de la série A la croisée des mondes
« A la Croisée des Mondes » a eu droit à une nouvelle adaptation en 2019

Au cours du XXème siècle, c’est le cinéma qui a forgé la culture populaire. Et la plupart des œuvres de fantasy adaptées sur grand écran ont généralement été celles considérées comme les plus accessibles, les plus abordables pour le grand public : que ce soit des œuvres telles que le Magicien d’Oz (1939), Dark Crystal (1982), Willow (1988), L’Histoire Sans Fin (1984) dans un premier temps ou par la suite, la nouvelle vague de fantasy survenue à l’écran dans les années 2000 pour surfer sur la vague du Seigneur des Anneaux : Eragon (2006), À la Croisée des Mondes (2007) dont le propos très sombre du film a été cruellement dilué par des décisions financières ou sous la pression d’associations catholiques, Narnia (2005), Stardust (2007)…


La nouvelle adaptation d’ « À la croisée des Mondes » en 2019 fait beaucoup plus honneur au matériau littéraire de base, maintenant que les studios ont réalisé qu’ils ne devaient pas avoir peur d’aborder des thèmes plus sombres dans leurs œuvres et qu’il y avait un public adulte demandeur et amateur de fantasy sombre et provocatrice.


L’opinion du public et des médias concernant le genre est restée inchangé jusqu’en 2011 et l’audace d’HBO qui décide d’adapter sur petit écran un monument de la fantasy adulte : A Song of Ice and Fire (le Trône de Fer en français) dont le premier tome est sorti en 1996.
Ainsi est née la série Game of Thrones.

Et malgré la fin bâclée et aberrante de la série, on doit néanmoins la remercier d’avoir radicalement changé la perception de la fantasy auprès du grand public et dans la tête des grands producteurs de cinéma et de télévision.

Les lecteurs de fantasy le savent, le genre est vertigineusement vaste. Bien que peu connus du grand public, les cycles de fantasy sombres, adultes, complexes et anti-manichéens ne manquent pas, tels que les travaux de Robin Hobb, David Gemmell, Terry Pratchett, Robert Jordan, Glen Cock, Neil Gaiman, Steven Erikson, Patrick Rothfuss et tant d’autres alliant épopées épiques et intrigues sombres et adultes.
Et bien sûr, l’univers de 3ème Aube !



Game of Thrones a ouvert la voie et montré l’exemple. Une myriade d’adaptations d’œuvres majeures de la fantasy sont en cours de production et devraient peu à peu arriver sur nos écrans au fil de la prochaine décennie.

Malgré les défauts de ses dernières saisons, Game of Thrones aura écrit (ou plutôt tourné) les lettres de noblesse de la fantasy sur petit et grand écran et on se dirige sans doute vers un âge d’or de celle-ci au cinéma et à la télévision. Et vous, quelle série avez-vous hâte de voir adaptée ?

Aman
 
Découvrez Aman, le scénariste du Projet CarTylion, il vous raconte son parcours, et son rôle au sein de notre projet transmédia.
Responsable Écriture
 

1 reply on “Fantasy – Origines et Horizons”

    1. Je trouve que votre définition personnelle du mot fantasy est plus qu’adaptée à l’univers de 3ème Aube retranscrit par le Projet CarTylion quand on voit la quantité de travail abattu pour le rendre le plus cohérent possible.

      2 j'aime

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