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Date : 11 avril 2020

Petit précis de la Hanse

La Hanse, ou ligue hanséatique, est un objet historique bien particulier, qui interroge encore les historiens qui étudient ce sujet. En effet, cette association marchande, fruit de l’union commerciale de plusieurs villes du nord de l’Europe, n’est pas un Etat, mais peut agir comme tel si ses intérêts son menacés. De même, cette association est dotée d’une puissance militaire capable de rivaliser avec les royaumes environnants. Sa force est si grande que la Hanse est parfois qualifiée d’ « Union Européenne avant l’heure ».


La Hanse est indissociable de l’histoire du monde germanique au Moyen Age. La grande expansion germanique amorcée au Xème siècle sous couvert d’évangélisation connue sous le nom de Drang nach osten ouvre au commerce allemand les richesses immenses de la baltique et de l’Europe centrale. De même, le Saint Empire Romain Germanique, à la suite de la mort d’Otton III (1002), perd, petit à petit, son pouvoir sur les terres allemandes du nord. Débarrassés de la tutelle impériale, ces villes peuvent acquérir une autonomie politique et économique qui sera à l’origine du succès de la Hanse.


Le succès de la Hanse se construit aussi sur l’exploitation des ressources en mer et sur terre. Ainsi, la production textile explose, en particulier dans les Flandres, grâce aux laines du royaume d’Angleterre. Dans cette symbiose qui se met en place, la Hanse agit comme un facilitateur et accélère la production et la qualité des produits flamands. De même, la Hanse, en développant ses réseaux de Londres en Angleterre à Novgorod, en Russie, peut chercher des ressources lointaines et les revendre à prix d’or. Ainsi, le sel, le hareng, les peaux, les fourrures, et l’ouverture de la pêche dans les bancs islandais sont l’objet du monopole quasi-exclusif de la Hanse. Ce quasi-monopole sur les ressources s’accompagne naturellement d’un monopole commercial, en accord avec l’expression de l’historien Fernand Braudel sur une Hanse « tenant l’offre et la demande dans une même main ».


Afin de protéger ce monopole, la Hanse doit se doter d’une puissance militaire dissuadant ses adversaires de s’en prendre aux richesses des villes hanséatiques. À l’origine, il s’agit de lutter contre les pirates qui sévissent autour de l’île de Gotland au large de la Suède, au nord du Jutland au large du Danemark, et sur la Manche. De même, l’association commerciale doit lutter contre les royaumes et leurs appétits. Ainsi, la Hanse se réunit en assemblée à Lübeck pour débattre des ripostes commerciales ou militaires à apporter aux rois ennemis. Cette puissance militaire permet une suprématie maritime qui ne sera remise en question qu’au XVIème siècle et prendra fin lors de la guerre de trente ans (1618-1648).


La relative stabilité de la Hanse agit comme un miroir face aux commerces méditerranéens organisés autour d’une rivalité économique et commerciale. Nous retrouvons, les cités-Etats italiennes (Gênes, Venise) comme les cités de Méditerranée occidentale qui font partie de royaumes plus grands mais qui disposent d’une grande autonomie (Barcelone pour l’Aragon, Marseille pour la France et son apanage provençal). Il s’ensuit des rivalités très visibles qui peuvent perturber le juteux commerce en provenance des épices d’Orient. Cette rivalité peut culminer en de véritables guerres, comme le montre le sac de Marseille par les Aragonais en 1423.

Dans la Vivaldie, les associations de marchands présents sur le littoral du pays s’inspireront de l’exemple historique de la Hanse et des rivalités méditerranéennes. Ainsi, nous verrons des familles marchandes s’associer entre elles et poursuivre leurs propres intérêts contre la puissance impériale venue de l’intérieur des terres et contre les corsaires basés sur les zones les plus reculées et les plus inaccessibles du littoral vivaldien.


Quelques références pour aller plus loin :

  • Édouard Baratier (dir.), Max Escalon de Fonton, François Salviat, Maurice Euzennat, Félix Reynaud, René Pillorget, Charles Carrière, André Villard et Michel Vovelle, Histoire de Marseille, Toulouse, Privat, coll. « Univers de la France et des pays francophones », 1990.
Yoann
 
Découvrez Yoann, de l'équipe du Projet CarTylion. Il est historien et travaille à la création de l'univers d'ambiance médiévale fantastique de 3ème Aube.
 

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