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Date : 26 avril 2020

Les monts métallifères comme exemple d’inspiration pour le Bélarian

Les monts métallifères (Erzgebirge) sont un ensemble de territoires entre l’Allemagne et la République Tchèque actuelle, plus particulièrement entre la Saxe allemande et la Bohème du nord tchèque.

La région est connue pour receler de nombreuses richesses métallifères (argent, fer, étain, cuivre principalement), ce qui en a fait, tout au long de l’Histoire, un carrefour stratégique pour les différentes puissances qui se sont disputées la région. Ainsi, c’est grâce aux mines de fer de la Saxe un peu plus au nord qu’Otton 1er (912-973) parvient à tirer les ressources militaires nécessaire à la conquête d’un espace comprenant l’Allemagne, l’Autriche, la Suisse, l’est de la France, et le nord de l’Italie. Il ressuscite et s’approprie la titulature impériale lors de son couronnement en 962, ce qui marque l’acte fondateur du Saint Empire Romain Germanique.


De même, le contrôle de ces territoires riches en ressources fut, au XVème/XVIème siècle, un contentieux longtemps entretenu entre le margrave de Brandebourg, le duc de Saxe, et le roi de Bohème. En effet, lors de la guerre de Trente ans (1618-1648), la Saxe fut dévastée, et son économie, rudement mise à contribution par les différents protagonistes, en particulier les Autrichiens et les Suédois.

Pourtant, les monts métallifères se sont forgés une légende d’abondance reprise à souhait dans la culture occidentale. En effet, l’argent dans la ville de Jàchmyov, en république Tchèque actuelle, était tellement abondant que les seigneurs locaux y battaient la monnaie, le Joachimsthaler, diminué en Thaler à partir du début du XVIème siècle. Le mot « thaler » sera repris dans de nombreuses autres monnaies, et ce, jusqu’en Amérique où le mot se déformera pour donner « dollar ».

Joachimstahler pièce en argent
Joachimstahler


Image du livre De Re metallica
Image du livre De Re metallica

La « bible des mineurs » (De re metallica), premier ouvrage de référence sur les techniques minières, provient de cet espace saxon et tchèque. Son auteur, Georgus Agricola, a vécu des deux côtés : Jàchymov, la fameuse ville du thaler pour la partie tchèque, et Cheinmitz pour la partie allemande. Dans les deux cas, il y exerce sa profession d’apothicaire et de médecin, ce qui lui donne une position d’influence au sein de la société locale, tout comme des compétences littéraires lui permettant d’écrire en latin en bon humaniste.


À la suite de la guerre de Trente ans, l’exploitation minière des monts métallifères entre dans une longue période de reconstruction, alors que la production est au point quasi-mort. Cela est aggravé par la guerre de sept ans où la guerre continentale entre la Prusse et l’Autriche ravage particulièrement la région. Néanmoins, à partir des années 1770, la production minière connaît un sursaut sans atteindre les taux du XVIème siècle. Ceci est rendu possible par la création de l’académie des mines de Freiberg en 1765, qui améliore les techniques d’extraction et préfigure l’industrialisation de la région.


La création de l’empire allemand en 1871 et l’apparition d’un étalon-or fait baisser drastiquement le prix de l’argent dans les monts métallifères et menace sa viabilité économique. Ceci conduit la Saxe à la modernisation à marche forcée afin qu’elle soit sauvée de la concurrence écrasante que lui impose la Ruhr.


Après la Seconde Guerre Mondiale, les Soviétiques possèdent de nombreuses mines et stations de recherches qui aboutissent à l’ouverture de mines d’uranium capables d’alimenter l’industrie nucléaire de la superpuissance. Sous le socialisme, les mines connaissent donc un renouveau, de par la protection que l’Etat est-allemand accorde aux ouvriers, et surtout, par l’importance de l’uranium comme ressource stratégiques à l’heure de la course aux armements et au développement de l’industrie nucléaire civile. De la même façon que la très grande majorité de l’Allemagne de l’est, les monts métallifères subissent de plein fouet le déclassement politique et économique suite à la réunification, ce qui en fait, aujourd’hui, une région vulnérable aux ambitions du parti d’extrême droite AFD.
Néanmoins, par les paysages et sa réputation historique comme culturelle, les monts métallifères, en dehors des restes de l’activité minière, se tournent, aujourd’hui, vers le tourisme et le secteur culturel pour sortir de l’ornière.


Dans le monde 3ème Aube, la région du Bélarian regorge de minerais nécessaires à la vie économique de la Vivaldie. Cette région, à l’instar des monts métallifères, est à la fois un carrefour économique et géopolitique, et toutes les forces politiques de la Ligue tenteront de s’assurer son contrôle. Il s’agit d’un endroit très peu sécurisé et les populations souffrent terriblement des abus des acteurs politiques. Si les techniques d’extraction des pierres et des minerais, ainsi qu’une véritable culture proto-industrielle essaiment du Bélarian vers la Vivaldie, l’instabilité chronique de la région implique que les livraisons de minerais sont irrégulières, ce qui peut occasionner des ralentissements économiques et des troubles en Vivaldie.

Le tout sera d’autant plus perturbé pendant la guerre qui s’annonce. Le pays se relèvera-t-il aussi brillamment qu’a pu le faire la région des monts métallifères ?

Paysage champêtre de l'Ergebirge actuel
Vue de l’Ezgebirge
Yoann
 
Découvrez Yoann, de l'équipe du Projet CarTylion. Il est historien et travaille à la création de l'univers d'ambiance médiévale fantastique de 3ème Aube.
Société
 

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