Projet Cartylion
Partageons notre passion Communauté
Catégorie :
Date : 12 avril 2021

Joe Abercrombie ou la force des personnages

 Le visage de l’héroïsme qu’était venu voir Brisépée s’était révélé démoniaque. Il l’avait vu, lui avait parlé, s’était pressé contre lui. Le mal n’avait rien de grandiose. Aucun empereur sournois désirant conquérir le monde. Aucun diable élaborant des stratagèmes maléfiques dans l’obscurité de l’au-delà. C’étaient de petits hommes avec leurs petits actes et leurs petites raisons. C’étaient l’égoïsme, la négligence et le gaspillage. C’étaient la malchance, l’incompétence et la stupidité. La violence dénuée de conscience et aveugle aux conséquences. C’étaient les grands idéaux servis par de basses méthodes. 

Pays rouge de Joe Abercrombie

Joe Abercrombie est un auteur anglais contemporain qui écrit des romans et nouvelles de fantasy.

Joe Abercrombie doit être dans le top 5 de mes auteurs préférés, avec Robert E. Howard, puis Alain Damasio, et récemment je me passionne pour Georges Dumézil qui n’est pas un auteur de romans mais un expert en mythologie comparée. Mais Joe Abercrombie est de loin celui qui m’inspire le plus. C’est un scénariste sobre et efficace qui va droit au but, un excellent créateur de personnages dont les héros sont aussi faciles à prendre en mains que difficiles à comprendre en profondeur, un metteur en scène qui alterne magistralement le quotidien avec l’épique, le réalisme avec la démesure pour obtenir un impact dramatique maximal, et bien sûr un virtuose de la formule.

Comme si ça ne suffisait pas, c’est un auteur qui a un vrai propos. Je crois qu’on pourrait dire que son thème récurrent, un thème qui rend sa fantasy assez proche du western dans le fond comme dans la forme, est le caractère situationnel de nos valeurs morales. Ses personnages ne sont souvent pas plus mauvais que vous et moi au départ. Et puis viennent la guerre, la misère ou les intrigues de pouvoir. Alors, toutes les valeurs s’inversent : les lâches restent en vie, les tricheurs gagnent, les traîtres sont récompensés, la défaite transforme les victimes en coupables et la victoire, les coupables en héros. Ceux qui refusent de comprendre comment le monde fonctionne pour de vrai ou qui, le comprenant, restent fidèles à leurs valeurs, meurent souvent inutilement, sans rien accomplir de positif qui pourrait, à la rigueur, justifier leur sacrifice. Les autres apprennent à faire comme tout le monde.

En toute humilité, j’ai voulu m’inspirer de ce thème dans le roman sur lequel nous sommes en train de travailler avec le Projet CarTylion. Mes deux personnages les plus importants sont un jeune prêtre de bonne famille qui, n’ayant connu que le confort, la paix et la douceur, n’a pas eu trop de mal à devenir un homme très bienveillant, et une mercenaire d’un pays pauvre et brutal où la violence et les rapports de forces sont la manière quasi normale d’organiser la société. Je ne prétends pas avoir le tiers de son talent, mais j’espère avoir gardé une partie de sa saveur dans les écrits que nous vous proposerons !


Pour découvrir cet auteur, je vous conseille quelques unes de ses œuvres :

  • Servir froid : La capitaine d’une compagnie de mercenaires est trahie par son employeur. Laissée pour morte, détruite, infirme, elle s’accroche à la haine pour tenir debout et jure de punir les coupables l’un après l’autre. Jusque là, ça fait très gentil/méchant, mais rien n’est arrivé par hasard.
  • Les Héros : Au nord, les jarls et leurs guerriers : hiérarchie instable uniquement maintenue par de régulières démonstrations de force et de cruauté. Retournements de veste, cupidité et superstition. Au sud, la glorieuse armée impériale : hiérarchie pyramidale incompétente et intouchable. Stupidité, arrogance et léchage de bottes. Que le moins mauvais gagne.
  • Pays rouge : Un western avec des épées ! Une ferme incendiée, des enfants enlevés, le genre de saletés qui arrivent tous les jours. Le sang n’appelle le sang que si on s’attaque à des types dangereux, pas à des bouseux sans défense. Mais, de même qu’une marche de mille lieues commence par un simple pas, une averse de sang commence par une simple goutte.


N’hésitez pas à me faire vos retours sur vos lectures et à me conseiller vos auteurs préférés aussi !

Cyril
 
Cyril est auteur pour le Projet CarTylion, il aime créer des personnages et les mettre en scène dans des histoires qui permettent de mieux comprendre l’univers du Projet CarTylion.
 

Laisser un commentaire

Cette section n'est pas encore disponible.

Mot de passe oublié ?

Vous n'avez pas encore de compte ?

Créer un compte

Pour rester informé-e des évolutions du site, laissez-nous votre email.

À bientôt !