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Date : 21 août 2020

Un bond de géant dans la lutte contre les épidémies

Robert Koch, éminent rival de Louis Pasteur

Portrait Robert Koch
Portrait de Robert Koch

Les débuts de la microbiologie


À la fin du XIXe siècle, l’Europe, bien que propulsée dans une nouvelle ère de modernité, était toujours à la merci des épidémies. La peste, le choléra, la tuberculose, et la diphtérie ravageaient des pays entiers, disparaissaient mystérieusement puis réapparaissaient, sans que rien ne semble pouvoir les arrêter. Ni la vapeur, ni les machines de la Révolution industrielle n’offraient la moindre solution, l’Europe n’était, face aux maladies, guère plus avancée qu’au Moyen-Âge.

L’incompréhension régnait face à ces terribles phénomènes. On proposait de nombreuses hypothèses, allant de l’hérédité à la punition divine en passant par l’insalubrité, sans parvenir à créer de consensus. Impuissants, soumis à la peur de ce qui était vécu comme une fatalité, les peuples ne trouvaient bien souvent réconfort que dans la prière.

Le monde scientifique, en pleine ébullition, prépare la riposte. Les savants d’Europe sont en correspondance les uns avec les autres, les congrès internationaux se multiplient pour partager les connaissances, la science est bien décidée à prendre les choses en main.

À cette époque, les microbes ont déjà été découverts. Les progrès du microscope ont déjà permis à des savants européens d’observer ces étranges petites choses qui remuent et se tortillent sous la loupe. On ne sait cependant rien sur ces petits organismes, et leur rôle inconnu fait l’objet de nombreuses conjectures.

À la fin du XIXe, le chimiste français Louis Pasteur est déjà très réputé. Il s’est illustré en réalisant des travaux sur la conservation du vin. Il a découvert que la fermentation était due à ces fameux micro-organismes. C’est alors que lui est venue une idée qui va changer le monde : si ces petits germes sont capables, en se multipliant, de créer un effet visible à l’œil nu comme la fermentation, alors pourquoi pas une maladie? Et si toutes ces terribles épidémies étaient provoquées par ces micro-organismes?


représentation 3D micro-organismes
Micro-organismes

Des travaux salvateurs


L’idée se répand en Europe, mais elle cohabite avec d’autres théories. L’Anglais Joseph Lister se range du côté de Pasteur comme un certain nombre de savants européens, mais d’autres affirment que les micro-organismes n’ont aucun rôle dans les maladies. C’est alors que Robert Koch entre en scène.

Dans les années 1870, Koch est un jeune médecin de campagne allemand qui s’intéresse à la maladie du charbon. Cette affliction bien connue, tue à l’époque des centaines de milliers de bêtes en Europe. Les animaux souffrent d’hémorragies, leur sang devient noir, puis ils enflent et meurent.

Robert Koch prélève du sang de bête morte de la maladie du charbon et l’observe au microscope. Il repère de petites formes noires qui bougent, les mêmes que le médecin français Casimir Davaine avait vues plusieurs années auparavant.

Robert Koch va alors prouver la théorie de Louis Pasteur. Il extrait ces petits micro-organismes noirs et les cultive dans un récipient. Ces dernières se multiplient, et il parvient à contaminer un animal en bonne santé en lui inoculant les micro-organismes (qu’on appellera bacilles). La démonstration est enfin faite : les microbes sont bien l’origine des maladies.

Le deuxième coup d’éclat arrivera quelques années plus tard. Robert Koch s’attaque cette fois-ci à bien plus gros : la tuberculose. Cette terrible maladie, redoutée depuis des siècles, était tout simplement la plus meurtrière de l’époque. Elle provoquait des épidémies plus terribles encore que la peste, dans certaines villes on lui attribuait la mort d’un adulte sur trois. Courageusement, le médecin allemand se lance dans l’étude que personne ne comprend, et en quelques mois seulement il parvient à identifier le bacille qui en est à l’origine. La tuberculose mettait en échec les chercheurs depuis l’Antiquité, Robert Koch en a percé le secret en sept mois.


tuberculose vue au microscope
Bacilles vus au microscope

En 1883, Robert Koch se rend en Égypte puis en Inde pour étudier le choléra. Il réitère l’exploit en trouvant le bacille de la maladie, et comprend également que l’eau est une voie de transmission privilégiée. On fait appel à lui lorsqu’une nouvelle épidémie de choléra se déclare en Europe, il met en place des mesures nouvelles comme l’abandon des brasiers publics et la purification des points d’eau potable. Ses recommandations s’avèrent efficaces, et Koch acquiert un immense prestige international, égal à celui de Pasteur.

Les deux hommes furent de féroces rivaux et n’hésitèrent pas à s’affronter par articles scientifiques interposés. Cette hostilité, qui n’est pas sans rapport avec les difficultés diplomatiques entre la France et l’Allemagne, se poursuivra jusqu’à la mort de Pasteur. Les deux hommes resteront dans l’histoire, l’un comme figure de la microbiologie, l’autre comme fondateur de l’immunologie.



La grande épopée de la lutte entre la science et les maladies ne faisait que commencer. Quelques années plus tard seulement, le français Alexandre Yersin découvrait le bacille de la peste. Cela n’est pas sans rappeler, dans l’univers de 3ème Aube, la terrible épidémie de Lèpre Rouge qui sévit dans l’Ouest de la Ligue, et qui fut vaincue grâce aux observations du jeune Jourdet Guibelin.

Découvrez Pierre-Yves du Projet CarTylion. Spécialisé en géopolitique, il travaille à la création de l'univers d'ambiance médiévale fantastique de 3ème Aube.
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